La culture menacée par la réforme territoriale : Chronique d’une mort annoncée
Malgré une bonne fréquentation des salles et des festivals en 2010, le monde de la culture est inquiet, certains parlent même de crise pour le secteur. La loi de réforme des collectivités territoriales votée le 17 novembre dernier par le Parlement, est une véritable menace pour le secteur. Pour cause, cette loi qui intervient dans un contexte de réduction des dépenses publiques à tous les niveaux, prévoit la suppression de la clause de compétence générale qui permet aux collectivités locales d’intervenir ensemble dans le domaine culture. En clair, aucun projet ne pourra bénéficier d’un cumul de subventions Région/Département. De plus, le remplacement des 6000 conseillers régionaux et généraux par les 3000 conseillers territoriaux risque de totalement désorganiser les différentes composantes territoriales avec lesquelles les petites entreprises culturelles travaillent depuis plus de trente ans.
De surcroît, la suppression de la taxe professionnel représente une perte de revenus considérable qui obligerait les départements et régions à se recentrer sur leurs missions prioritaires à savoir la solidarité et l’emploi pour les premiers, l’éducation et les transports pour les seconds, tout en délaissant certains secteurs comme la culture. Cependant, le budget alloué à la culture représente environ 1 % du budget général de l’État, l’aide des collectivités locales est donc essentielle à la pérennisation de la vie culturelle en France. Pour information, les communes dépensent chaque année pour la culture 7 milliards d’euros, les départements 1,2 milliards et les régions 900 millions soit les ¾ du budget du ministère de la Culture.
Enfin, les acteurs politiques et les sociologues présagent le développement d’une inégalité culturelle sur le territoire. En effet, seule l’intervention du conseil général permet aux villes moyennes et zones rurales d’avoir une politique culturelle. La centralisation de la culture autour des grandes agglomérations rendrait alors difficile le travail des petites salles et des artistes (et plus particulièrement celui des jeunes artistes) dont la précarité est croissante ces dernières années.










