Éducation
La difficile remise en cause du statut des animateurs des colonies de vacances
Les colonies de vacances, créées en 1866 et dont la véritable émergence remonte au Front populaire et l’action de Léo Lagrange (Sous-Secrétaire d'État aux sports et à l'organisation des loisirs), ont constitué un élément essentiel de la politique d’éducation de l’État au sortir de la Seconde Guerre mondiale, celui-ci en assurant 90 % du financement. Malheureusement, au fil des années, leur aspect novateur s’est émoussé, conduisant à une baisse du nombre des inscrits. Pourtant, ces structures se sont révélées être de véritables moteurs de mixité sociale, de possibilités de départs en vacances pour des milliers d’enfants, et des lieux d’apprentissage des règles de vie en communauté, de la discipline, d’échanges avec les autres … Aujourd’hui, elles connaissent un regain d’attention, un nouveau succès. Cependant, tout ce modèle se trouve menacé par la remise en cause du statut du personnel encadrant, réglementé par une loi de 2006, qui institue le contrat d’engagement éducatif (CEE). Ce contrat prévoit une rémunération fixe de 18,55€ par jour, 24h de repos consécutif par semaine au moins, et ne peut excéder 80 jours par an. Sur cette base, des organisations syndicales ont attaqué le contrat devant le Conseil d’État, qui a soumis la question à la Cour de justice de l’Union européenne, sur le fondement du droit au repos. Lire la suite... Ajouter un commentaire
Les rythmes scolaires sacrifiés pour des fins électoralistes ?
La fin d’année scolaire 2011 est dans la parfaite continuité de ce que subit l’Ecole depuis 2002 : régression, démantèlement et désorganisation… Avec Nicolas Sarkozy, depuis 2007, la casse du service d’éducation est apparue comme une priorité, balayant tous les espoirs de construire une école de la réussite pour tous. Pas de vacances pour la casse du service public d’éducation… Après les suppressions massives de postes d’enseignants et des moyens pédagogiques, la volonté d’augmenter le nombre d’élèves par classe, la suppression de la formation des enseignants et la volonté de supprimer les concours, la droite nous a offert une organisation des examens de fin d’année (bac, brevet, bts) catastrophique et confirme ainsi l’échec de sa politique éducative. Éducation : l’autre scandaleL’Éducation Nationale est depuis plusieurs années le théâtre de suppressions de postes massives. Les mouvements lycéens, étudiants, les grèves des professeurs du primaire et du secondaire s’en font l’écho, désormais presque chaque année. L’opinion publique prend conscience de la casse généralisée de l’Éducation Nationale. Elle s’organise depuis la formation des professeurs, avec la suppression des IUFM, la réforme du CAPES, l’allongement des études (on passe d’un niveau Licence à un niveau Master), aux conditions d’enseignements, avec la suppression massives de postes, de dispositifs d’aides aux élèves en difficultés (les RASED), jusqu’aux droits mêmes des enseignants. Tout cela dans un flou total, avec toutes la panoplie d’effets d’annonces (médailles, suppression de l’histoire-géo ou des SES au lycée...) pour mieux interdire le débat démocratique. Car, dans cette agitation, les citoyens ne peuvent s’y retrouver. Pire, les associations à but éducatifs, rassemblant des citoyens en partenariat avec l’Éducation Nationale, souffrent. Elles se nomment Ligue de l’Enseignement, les Francas, la Pep, les Eclaireurs, l’OCCE, les JPA, la Foeven et les Ceméa... Depuis plus de 50 ans pour la plupart, elles ont toujours été aux cotés des animateurs et des directeurs de centre de loisirs, afin de les former et de leur fournir ressources et méthodes pédagogiques, lorsque tous les ministres à la Jeunesse et aux Sports ne cessaient de se lamenter sur le manque de formation et de "sécurité" de ces personnes, indispensables pour offrir des vacances à des millions d’enfants. Elles sont parfois les seules à s’adresser à certains publics en difficultés comme les jeunes en errance. Ces associations n’ont jamais cessée de fournir à l’Éducation Nationale des ressources, comme dernièrement des logiciels éducatifs, ou le Café Pédagogique, lieu de rencontre pour les enseignants (malgré plusieurs limites). Mais la logique ne s’arrête pas là. A la mi-octobre, le ministre X. Darcos a signifié à ces associations complémentaires de l’enseignement public une baisse des subventions de 25%. Les postes d’enseignants détachés du ministère et mis aux services de cesassociations seront supprimés. Là où d’un coté, on agit par la formation, de l’autre on reglementarise à outrance. Face a cette attaque massive, il est nécessaire de réaffirmer le rôle essentiel et historique de ces associations. Elles n’ont jamais cessée d’impliquer les citoyens à s’interesser à l’Éducation, à y prendre part, parce qu’il s’agit bien de l’Éducation de la Nation toute entière, et non pas d’une Éducation gérée par quelques décideurs politiques. Car c’est bien la situation qu’on cherche à produire, en cherchant à démanteler le réseau de ces associations. Dernièrement, le ministère s’est fait remarquer par un appel d’offres de 220 000 euros, concernant « la veille de l’opinion dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche ». Évidemment les mouvements d’opinions gênent. Et combien il serait plaisant pour le ministre de voir les citoyens se détourner d’une Éducation qui n’aurait de Nationale que le nom, détournée pour des raisons idéologiques de ses missions d’éveil à la citoyenneté, pour aller vers une logique de formation professionnelle. Cette attitude doit nous interpeller sur deux points. Tout d’abord, l’attitude agressive du gouvernement envers les mouvements sociaux, ses tentatives pour lui couper l’herbe sous le pied montre bien comment finalement les grèves sont dangereuses et redoutées. Cela montre que le combat pour l’Éducation Nationale ne doit pas cesser, et que nous devrons être présent lors des prochaines mobilisations. Cela montre aussi que l’enjeu n’est pas de défendre les intérêts d’une corporation, ou de prôner le conservatisme sur cette question. L’enjeu véritable est de faire de la question de l’Éducation une question nationale, qui concerne tous les citoyens. Pour cela, nous devons, au delà de la défense de l’École, montrer que l’Éducation ne s’arrète pas aux murs de la salle de classe, mais qu’elle concerne des structures aussi diverses que le cercle familial, les associations sportives, de loisirs, et donc en premier lieu les associations à but éducatifs. Parce que parler d’Éducation est un impératif démocratique. |











