La difficile remise en cause du statut des animateurs des colonies de vacances
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Les colonies de vacances, créées en 1866 et dont la véritable émergence remonte au Front populaire et l’action de Léo Lagrange (Sous-Secrétaire d'État aux sports et à l'organisation des loisirs), ont constitué un élément essentiel de la politique d’éducation de l’État au sortir de la Seconde Guerre mondiale, celui-ci en assurant 90 % du financement. Malheureusement, au fil des années, leur aspect novateur s’est émoussé, conduisant à une baisse du nombre des inscrits. Pourtant, ces structures se sont révélées être de véritables moteurs de mixité sociale, de possibilités de départs en vacances pour des milliers d’enfants, et des lieux d’apprentissage des règles de vie en communauté, de la discipline, d’échanges avec les autres …
Aujourd’hui, elles connaissent un regain d’attention, un nouveau succès. Cependant, tout ce modèle se trouve menacé par la remise en cause du statut du personnel encadrant, réglementé par une loi de 2006, qui institue le contrat d’engagement éducatif (CEE). Ce contrat prévoit une rémunération fixe de 18,55€ par jour, 24h de repos consécutif par semaine au moins, et ne peut excéder 80 jours par an. Sur cette base, des organisations syndicales ont attaqué le contrat devant le Conseil d’État, qui a soumis la question à la Cour de justice de l’Union européenne, sur le fondement du droit au repos.
Plusieurs questions se posent. Le CEE permet aux organismes de continuer à organiser des colonies de vacances à un prix abordable pour le plus grand nombre, malgré le fait que l’État se désengage ; de disposer d’un encadrement nombreux et qualifié assurant la sécurité des enfants ; de faire bénéficier à des milliers de jeunes d’un emploi d’été.
Toutefois, les revendications syndicales peuvent paraître légitime au regard du statut totalement dérogatoire aux droits des travailleurs du CEE. Si le statut des animateurs nécessite des aménagements tirés de leur situation particulière (présence 24h/24h, enfants nombreux, …), cela ne doit pas se faire au détriment du droit à la protection et à la santé des travailleurs. En effet, en cas d’alignement sur le droit du travail commun, le tarif des colonies augmentera de 15 %, privant de nombreuses familles de l’accès à ces structures et compliquant le recrutement de personnel qualifié (BAFA/BAFD).
Face à ces risques, le MJS de Loire-Atlantique restera vigilant sur cette question du statut des encadrants, essentiel au bon déroulement des colonies, alors que le ministre de l’Éducation nationale, Luc Châtel, entame une consultation à ce sujet avec les acteurs du secteur concerné. Nous réaffirmons le droit aux vacances pour tous, et rappelons nos propositions quant à la refonte du système des chèques-vacances, à l’investissement massif de l’État dans les structures d’accueil et l’aide aux associations d’éducation populaire, et à la création d’une allocation annuelle permettant à chaque enfant de partir en vacances.










