"France-Afrique, Françafrique, France à fric ? "
Ces derniers mois, l’Afrique occupe une large place dans l’actualité politique internationale, que ce soit avec l’élection présidentielle en Côte-d’Ivoire, la prise d’otages d’employés d’Areva et l’assassinat d’un membre d’une ONG et d’un de ses amis au Niger, les révolutions en Tunisie et en Egypte, sans oublier le procès de l’Angolagate. Ainsi, le Mouvement des Jeunes Socialistes de Loire-Atlantique a décidé de consacrer son assemblée générale de février 2011 à ce continent, ou plus exactement, aux relations particulières entretenues par la France avec l’Afrique dans le cadre de la Françafrique. Ces évènements récents révèlent celles-ci en effet de manière sous-jacente ; elles sont d’ordre économiques, diplomatiques, mais aussi militaires et culturelles.
Dans un premier temps, il a été rappelé que les exemples pour illustrer les conséquences de la Françafrique sont malheureusement nombreux depuis l’indépendance des Etats africains, que ce soit l’affaire des diamants avec Bokassa en Centrafrique dans les années 1970, les relations de connivence avec Mobutu dans l’ex-Zaïre, l’affaire Elf au Gabon, ou encore le génocide rwandais en 1994, pour ne citer que ceux-là. Ainsi, l’indépendance dans le sens où nous l’entendons en tant que jeune socialiste est loin d’être réelle actuellement en Afrique. Au contraire, la Françafrique n’a pas permis une rupture nette avec la tutelle de la France. Il s’agit même, nous le croyons d’un héritage de la colonisation, qui a empêché leur émancipation. Nous avons aussi souligné que par le commerce triangulaire et la colonisation, la dette morale des pays colonisateurs est sans doute largement plus importante que la dette financière actuelle de ces pays par rapport aux pays développés. Le MJS de Loire-Atlantique souhaite que les erreurs du passé soient reconnues par la France et changer clairement sa manière d’entretenir ses intérêts économiques et diplomatiques en Afrique. Et nous condamnons à nouveau les propos méprisants de Nicolas Sarkozy dans son discours de Dakar.
Ensuite, nous avons mis en avant un grand paradoxe pour l’Afrique : son sous-sol est riche (uranium, métaux précieux,…) et dispose de ressources agricoles abondantes (cacao, café,…) mais reste le continent le plus pauvre, notamment du fait de l’accaparement des matières premières par les multinationales étrangères et l’invasion de produits agricoles européens subventionnées lourdement par la PAC. Des solutions apparaissent comme le commerce équitable et le micro-crédit, mais nous pensons qu’il faut aller plus loin. L’aide au développement ne doit plus être synonyme de pillage et de destruction de l’économie africaine. C’est avant tout aux Africains de couper le cordon avec la France, pour ne plus être soumis à des échanges nord-sud et développer des échanges sud-sud, par exemple dans le cadre d’une régionalisation accrue. Certains pays semblent émerger comme des modèles comme le Ghana ou le Bénin, mais nous savons qu’il reste beaucoup à faire. L’Afrique est un continent jeune et nous comptons sur elle pour se prendre en main, comme elle vient de le faire brillamment en Tunisie et en Egypte.










