Le Pass’ contraception, un droit dont je veux jouir !

La loi de 2001 impose une information et une éducation à la sexualité dans les écoles, collèges, lycées à raison d’au moins trois séances annuelles. Cette loi n’est pas appliquée. Très peu d’entre nous ont bénéficié de plus d’une séance d’information par cycle. Et quand ces séances sont organisées, elles se résument trop souvent à aborder la sexualité d’un point de vue biologique, sans prendre le temps d’aborder les questions de respect, de désir, de sentiments qui sont pourtant essentielles.
Le défaut d’information et d’accès à la contraception chez les jeunes filles et garçons est très alarmant. Les conduites à risque et le nombre d’IVG chez les mineures sont en augmentation. Alors que de nombreuses méthodes de contraception existent tous les jeunes n’en bénéficient pas. Parce que l’existence des moyens de contraception ne garantit pas à elle seule leur utilisation, il est urgent que l’école remplisse son rôle dans la prévention et l’éducation à la sexualité en direction des filles et des garçons. Quand on est mineur, l’accès à la contraception n’est pas facile : la confidentialité est impossible quand il faut passer par la sécurité sociale de ses parents. Le Pass’ contraception présenté le 26 avril 2011 par la Région Île-de-France propose une réponse pour les jeunes franciliens, pour les aider dans l’accès à l’information et à la contraception.
Ce projet fait suite à une première mesure mise en place en Région Poitou Charente à la fin de l’année 2009. Un premier Pass’ contraception à été mis en place à destination des jeunes lycéennes de Poitou Charente. Ce Pass’ est constitué de « chèques » permettant l’accès à plusieurs visites médicales, la délivrance d’une contraception et son renouvellement. Il était destiné à être diffusé dans les lycées, mais le ministre de l’Éducation Nationale, Luc Châtel, en a fait interdire la distribution dans les établissements scolaires. Il est désormais disponible chez les professionnels de santé.
Aujourd’hui en Île-de-France le Pass’ contraception est proposé à tous les jeunes lycéens de seconde, ou de niveau équivalent en lycée général, professionnel et en CFA. Il s’adresse tant aux filles qu’aux garçons, car chacun doit prendre part dans la contraception et c’est d’abord l’ignorance qui est facteur de risque en la matière ! Ce Pass’ est disponible dans les établissements scolaires d’Île-de-France et permet l’accès à une première contraception pendant plusieurs mois. Il se présente sous la forme d’un chéquier avec 5 feuillets donnant droit à une première consultation médicale, une prise de sang et un examen de biologie médicale, la délivrance de contraceptifs, une deuxième consultation médicale, et le renouvellement des contraceptifs. Ce Pass’ permet d’avoir accès gratuitement et de manière anonyme aux consultations, aux examens et aux contraceptifs.
Alors que Luc Châtel s’était violemment opposé à la mise en place du Pass’ contraception en Région Poitou Charente il se félicite du programme ouvert en Île-de-France ! L’attitude du ministre de l’éducation et plus généralement de la droite, face à ce véritable problème de santé publique, est scandaleuse ! Luc Châtel interdit toujours la diffusion du Pass’ dans les lycées de Poitou-Charente mais l’encourage en Île-de-France, c’est une tactique politicienne opportuniste dont ne doit pas souffrir le droit des jeunes à disposer de leur corps ! La droite s’oppose à la mise en place d’une réelle politique de prévention en diminuant les moyens des centres de planification familiale, en fermant les services pratiquant l’IVG et en refusant que l’éducation à la sexualité à l’école soit une réalité.
Entre 2000 et 2007, 105 centres pratiquant des IVG ont fermé, tandis que le nombre d’avortements reste stable. Alors que nous savons bien qu’il n’est pas toujours facile de parler de contraception et de sexualité avec ses parents, beaucoup d’élus de droite voudraient faire reposer l’éducation à la sexualité sur la famille ! Cet argument n’a pas de sens ! Nous voulons, au contraire, permettre à tous les jeunes l’accès à une contraception choisie en toute autonomie.
Bien sur, le Pass’ contraception n’est pas la seule et unique réponse que nous souhaitons pour garantir à tous le droit de
disposer de son corps, il permet aux jeunes de faciliter leur démarche vers une première contraception sans contraintes
de confidentialité et de coût.
Nous voulons garantir l’accès à la contraception en toute autonomie pour les mineurs dans les collèges et les lycées, évitant ainsi aux jeunes de devoir passer par la couverture sociale de leurs parents. La loi de juillet 2001 autorisant la gratuité de la pilule du lendemain pour les mineures doit être appliquée, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Le Pass’ contraception constitue une étape pour imposer le droit de tous à disposer de son corps.
Nous voulons garantir à chacun l’accès à la contraception la mieux adaptée, et donc le remboursement de tous les contraceptifs quels qu’ils soient à 100 % par la Sécurité Sociale. La pilule du surlendemain doit être accessible sans prescription pour toutes les femmes. Parce que la majorité des grossesses non désirées donnant lieu à une IVG sont liées à une contraception mal adaptée, il faut sortir du modèle du «tout pilule» adopté par de nombreux médecins en France, notamment envers les jeunes filles, et permettre aux femmes et aux hommes de choisir le mode de contraception qui leur convient. L’objectif est d’améliorer le recours à la contraception pour éviter un nombre important de grossesses non désirées et d’IVG.
Les infirmiers scolaires doivent pouvoir délivrer gratuitement des contraceptifs de manière régulière et mettre en place des séances d’éducation à la sexualité, de prévention, dans toutes les classes et avec les enseignants volontaires et le concours des associations qui agissent dans ce domaine. Les hommes et les femmes sont concernés par la contraception, l’utilisation des préservatifs doit être encouragée, seul moyen de se protéger des infections sexuellement transmissibles et efficace contre le risque de grossesse non désirée. Pour les jeunes parents, un accompagnement éducatif doit être garanti.










